Dr Guillaume Apkesse (Directeur de l’Hôpital général de Yopougon Attié) : « Cet hôpital est la maison des assurés de la CMU »

Dr Guillaume Apkesse (Directeur de l’Hôpital général de Yopougon Attié) : « Cet hôpital est la maison des assurés de la CMU »

Parlez-nous de votre parcours avant d’être à la tête de l’hôpital général de Yopougon- Attié ?

J’ai débuté ma carrière médicale en 2000 en tant que médecin généraliste à l’hôpital général de Sakassou. Ensuite, j’ai été affecté à l’hôpital général de Marcory. De là, j’ai été nommé directeur de l’hôpital de Jacqueville en 2012 et cela jusqu’au 18 Juillet 2018. 

J’ai passé ensuite huit mois à l’hôpital général de Tiassalé et je suis à l’hôpital général de Yopougon-Attié, le 12 février 2019. Je suis aussi le secrétaire général du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (SYNACASS-CI) qui est un syndicat qui a pris une part active dans la mise en œuvre de la CMU.  Le SYNACASS-CI a été le syndicat qui a accepté que la CMU soit mise en œuvre et plaidé dans la foulée pour un plateau technique de qualité pour que le projet marche bien et que la spécialité des médecins soit reconnue. Le syndicat a participé à tous les ateliers de formation du personnel en Côte d’Ivoire. 

Quel type de leadership pratiquez-vous au sein de l’hôpital général de Yopougon Attié ?

Nous pratiquons deux types de leadership. Nous sommes parfois des coachs et nous sommes parfois des leaders qui associent la participation. Pour nous, il faut voir un personnel comme un meilleur agent. Souvent quand un personnel commet un acte, il ne faut pas tout de suite le sanctionner. Il faut discuter avec lui pour l’amener à un meilleur rendement la prochaine fois. Nous discutons avec le personnel pour lui permettre de s’exprimer et favoriser un esprit de créativité. 

Depuis combien de temps recevez-vous les assurés CMU ? 

Cet établissement est un hôpital pilote dans la mise en œuvre de la CMU. Avant même que la phase ne soit généralisée en 2019, l’hôpital général de Yopougon-Attié a commencé à recevoir les assurés CMU et nous l’avons fait jusqu’à sa fermeture. Depuis l’ouverture de l’hôpital en mars 2022, nous avons insisté pour que la CMU puisse marcher.  Pour l’instant, nous sommes en train de mettre les autres assurances en marche, mais la CMU a commencé à marcher dès le premier jour de l’ouverture de l’hôpital. 

Pouvez-vous nous expliquer comment la CMU fonctionne ici ? 

Nous avons installé un comptoir à l’entrée de l’hôpital où tout patient CMU passe pour se faire identifier. Ensuite,il est orienté vers le service qu’il doit visiter. Au niveau du laboratoire de la radiologie, les patients sont également bien reçus. 

Pour l’organisation de la CMU, l’hôpital dispose de 4 agents CMU qui sont installés dans le bâtiment administratif et qui reçoivent les patients. Aujourd’hui avec les services ouverts, nous ne recevons pas encore un grand nombre de patients, mais les statistiques passées indiquent que l’hôpital recevait un grand nombre de patients CMU. Sur ce plan, nous sommes un hôpital de référence. Ici, nous ne refoulons pas les patients parce CMU que c’est leur hôpital, et toutes les affiches CMU sont collées là où elles doivent être collées. 

Actuellement, nous recevons plus de 10 patients CMU par jour. Ce n’est pas énorme, mais nous essayons de monter en puissance avec le plan de sensibilisation que nous avons mis en place. Avant la fermeture de l’hôpital pour des travaux de réhabilitation, nous recevions 50 malades CMU par jour parce que c’était un hôpital très fréquenté. C’est vrai que nous n’avions pas tous les services parce que la réhabilitation s’est passée en plusieurs phases, et il y a certains services qui avaient été fermés. Mais je peux vous le dire, les patients CMU abondaient ici. 

Pourriez-vous nous relever les raisons qui justifient cette affluence ?

La CMU est une réalité à l’hôpital général de Yopougon-Attié parce que nous avons accepté dès le départ d’être un centre pilote. Nous avons appris à développer la CMU depuis 2019 et en 2020, nous sommes passés à une autre étape. Par conséquent, cet hôpital est la maison des patients de la CMU. Ils se sentent mieux ici. Ce sont donc les raisons de cette affluence. Ils sont bien accueillis. 

Dans nos services, avant de commencer une activité, il y a une sensibilisation et une éducation sur l’hôpital qui sont faites. Ce sont des activités en rapport avec les communications pour les Changements de comportements (CCC) au cours desquelles nous recueillons l’avis des patients. Au niveau de l’administration, les patients viennent à nous pour nous expliquer leur difficulté et nous nous employons à trouver des solutions à leurs requêtes. 

Avez-vous des témoignages ?

Plusieurs témoignages des patients nous sont remontés, et cela nous motive davantage dans le cadre de notre mission. Il ressort de leurs propos, qu’ils apprécient la qualité des soins offerts ici, le fait de dépenser peu et bénéficier en retour de soins de qualité. Aujourd’hui l’hôpital général de Yopougon-Attié à l’allure d’une clinique. Un patient arrive ici pour sa consultation et ne paie que 30% de 500f, c’est à encourager. Nous avons beaucoup de témoignages et cela nous emmène à poursuivre notre travail avec satisfaction. Ce n’est pas notre souhait de voir des patients être malades, mais quand ils reviennent ici cela est vraiment quelque chose d’important et de marquant. 

Un exemple marquant, est celui des femmes enceintes. Aujourd’hui nous avons reçu l’une d’entre elles qui devait être évacuée parce qu’il n’y avait pas de place. Elle a refusé de partir ailleurs. Ce sont donc des témoignages qui sont en faveur du projet CMU parce qu’avec la CMU tout le monde peut se soigner en Côte d’Ivoire. 

Un message à l’endroit des personnes qui hésitent encore à se faire enrôler ?

La CMU est une réalité, il faut se faire enrôler. Nous apprécions tout ce qui est fait au niveau de la CMU, car nous participons aux activités de la CMU et nous savons que le Directeur Général de la CNAM, M. Bamba Karim, met de sa personne pour que la CMU marche.  Il n’hésite pas à se déplacer et aller sur le terrain pour des campagnes de sensibilisation. En sa qualité de directeur de la structure, il est très proche de la population. Ce dévouement doit amener toutes les populations à se faire enrôler. La CMU est une réalité, elle se vit dans les structures.